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En 2013, le train n’arrive toujours pas à l’heure en Algérie

En 2013Les usagers du train prennent toujours leur mal en patience en Algérie. En dépit de tous les efforts fournis par le gouvernement, la Société Nationale des Transports Ferroviaires (SNTF) se distingue toujours par une gestion chaotique de ce secteur, pourtant, névralgique. La SNTF, ce sigle évoque désormais chez les citoyens la colère, la déception et les interminables attentes dans les gares à cause des sempiternels retards.

Des grèves successives, un service d’accueil des plus mauvais, des gares ferroviaires dans un état déplorable, une insécurité ambiante, le transport ferroviaire en Algérie n’arrive toujours pas à sortir de l’ornière. Des investissements colossaux ont été consentis pour améliorer un tant soit peu la situation des trains. Certes, quelques progrès ont été réalisés. Il n’en demeure pas moins que le train ne séduit toujours les Algériens. Et les retards sont la principale raison évoquée par des citoyens désabusés.

Fréquentés quotidiennement par au moins 80 mille usagers, les trains de banlieues à Alger défraient à chaque fois la chronique par leurs retards répétitifs. Ces retards sont devenus quasiment une coutume pour les habitués de ce moyen de transport pourtant réputé de par le monde pour sa ponctualité. « Trop, c’en est trop ! », s’écrient les usagers face à cette situation devenue intenable. « Moi, j’ai failli perdre mon emploi à cause des retards de la SNTF. Le train de 7 H 20 n’arrive jamais à l’heure. Il est toujours en retard d’au moins 15 à 20 minutes si ce n’est pas plus. Quelques fois, il est tout simplement supprimé pour un quelconque problème sans qu’on nous informe au préalable. Le soir, c’est la même galère. Le train de 18 H accuse jusqu’à une heure de retard ! L’hiver, on rentre chez nous à 19 H 30 ou 20 H 00. Nous, les femmes, on se retrouve toutes seules à l’arrivée dans des gares désertées et plongées dans l’obscurité », témoigne Fatima, 40 ans, mère de famille et fonctionnaire qui prend chaque jour le train qui relie El Affrroun à Alger pour se rendre sur son lieu de travail.

Une navette qui tourne souvent au calvaire. « Des délinquants prennent d’assaut les voies ferrées pour nous balancer des pierres, le matin on s’entasse comme des sardines lorsque les trains sont bondés. Les agressions et les vols deviennent légion. Et tout cela arrive au nez et à la barbe des agents de la SNTF qui ne font que boire tranquillement leur café sur les quais en jouant au domino ! Est-ce normal ? »s’interroge, pour sa part, Saïd, 42 ans. Lui qui a passé toute sa vie dans les trains pour quitter son domicile à Boufarik et rejoindre son bureau à Alger, il connaît par cœur les méandres du train. Il a assisté à des évolutions, mais il souffre toujours des carences que la SNTF n’arrive pas à corriger. « En 2013, le train presque jamais à l’heure en Algérie. Jusqu’à quand cela va durer ? », regrette-il. Face à cette interrogation qui traduit un profond désarroi partagé par les milliers d’usagers de train, la SNTF fournit toujours la même explication : « les perturbations et retards sont dus à la recrudescence des actes de malveillance contre les installations de signalisation et de télécommunication, le blocage des portières et l’actionnement des signaux d’alarme par les voyageurs, dont le bon fonctionnement est indispensable à la régularité et à la sécurité de circulation des trains », précise-t-elle à chaque fois qu’elle est interpellée au sujet des retards de ses trains.

Mais qui est à l’origine de ces actes malveillants ? Les citoyens bien sûr, laisse entendre la SNTF qui rejette la balle dans les camps des usagers. Ce cercle vicieux dure depuis des années et rien n’est fait encore pour régler les problèmes concrets. En attendant, le découvert bancaire de la SNTF demeure toujours fixé à 14 milliards de dinars. Sa dette d’exploitation est de 20 milliards de dinars et ses dettes d’aide à l’investissement sont de l’ordre de 34 milliards de dinars. La SNTF est donc une entreprise déstructurée mise sous perfusion par le gouvernement depuis des années. Est-ce la faute aussi des usagers et citoyens ? Pas si sûr…

Par Abdou Semmar

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